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Nathacha Appanah vient de recevoir le prix littéraire de la Ville de Caen (Photo : Ville de Caen / F. Decaëns).
Nathacha Appanah vient de recevoir le prix littéraire de la Ville de Caen (Photo : Ville de Caen / F. Decaëns).

[Talents Caennais] La plume bouleversante de Nathacha Appanah

le 07/03/2017
Nathacha Appanah vient de recevoir le prix littéraire de la Ville de Caen (Photo : Ville de Caen / F. Decaëns).
Nathacha Appanah vient de recevoir le prix littéraire de la Ville de Caen (Photo : Ville de Caen / F. Decaëns).

« Ceci s'appelle un chef d'œuvre », résumait François Busnel dans son émission La Grande Librairie en septembre dernier. Avec son sixième roman "Tropique de la Violence", Nathacha Appanah s'est fait une place dans la cour des grands auteurs.

Installée à Caen depuis deux ans, Nathacha Appanah y a passé un automne 2016 des plus mouvementé. Le succès retentissant de son sixième roman Tropique de la violence (Gallimard) lui a fait vivre une rentrée littéraire très médiatique.

« Même si j'ai déjà reçu des distinctions pour mes précédents romans, c'est la première fois que je me retrouve ainsi dans la course pour autant de prix et surtout, que je reste jusqu'en finale, comme pour le Femina ou le Médicis. C'est vrai que les sollicitations ont été particulièrement nombreuses », en sourit-elle.

De cette saison des récompenses littéraires, elle a finalement remporté le prix Patrimoines et le prix Femina des lycéens, en 2016. Le prix littéraire de la Ville de Caen, qu'elle a reçu mardi 7 mars à l'hôtel de ville, est venu conclure cette belle aventure.

Une expérience marquante

Dans Tropique de la Violence, Nathacha Appanah raconte de l'intérieur l'enfer de Mayotte et le sort des jeunes clandestins échoués sur ce bout de France de l'océan Indien. Livrés à eux-mêmes dans le bidonville de Kaweni, baptisé Gaza par ses habitants, ces enfants et adolescents sombrent dans l'ennui, la délinquance et la drogue. Un roman choc qui résonne avec le bouleversement que la romancière a vécu en 2008 à son arrivée sur l'île.

« Étant donné que j'ai grandi sur l'île Maurice, le fait de partir vivre à Mayotte pour accompagner mon mari ne m'inquiétait pas, confie-t-elle. Je connaissais la situation des clandestins qui viennent des Comores ou d'Afrique, mais je ne m'attendais pas à y découvrir une telle violence. » Son séjour sur place, de 2008 à 2010, la marque profondément. Il en viendra à changer ses aspirations d'écrivain.

Aux côtés des enfants perdus

Elle entame l'écriture de Tropique de la Violence en 2013 pour répondre à ce besoin impérieux : « Je voulais saisir toute la complexité du quotidien de ces enfants, et pas seulement aligner des chiffres et des constats. » C'est dans ce but qu'elle retourne à Mayotte en 2014, pendant deux semaines où grâce à des amis, pompiers, infirmières et travailleurs sociaux, elle peut s'immerger dans le bidonville et côtoyer les jeunes laissés-pour-compte.

Avec « le recul et la mise en perspective que permet la fiction », Nathacha Appanah fait témoigner à la première personne cinq personnages pris dans un tourbillon tragique. Ses mots sondent leur âme et leur cœur avec une justesse et une simplicité envoûtantes. Ils en font un roman fort, qui se lit aussi vite qu'il marquera longtemps.

Nouveaux projets

Depuis le centre ancien de Caen où elle a élu domicile, la romancière va maintenant s'atteler à un projet de traduction. Une nouvelle idée de livre commence aussi à se préciser, mais l'on n'en saura pas plus... Pour l'heure, son plus proche défi consiste à passer l'épreuve de conduite du permis B, après avoir eu son code. « C'est une grande fierté pour moi et je trouve que c'est très dévalorisé : ça n'intéresse personne », plaisante-t-elle. Elle pourra alors plus souvent se rendre au bord de mer, si loin, si proche de sa ville d'adoption.

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