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Minorité / Élus du groupe "Caen, écologiste et citoyenne"

Aéroports normands : et si on arrêtait de remettre des pièces dans la machine ?

Minorité / Élus du groupe "Caen, écologiste et citoyenne"

Aéroports normands : et si on arrêtait de remettre des pièces dans la machine ?

Il est loin le temps où la question d'un aéroport unique à l'échelle régionale agitait les principaux décideurs normands.

Les collectivités en charge de 4 aéroports (Caen, Deauville, Rouen et le Havre) ont fini par faire la paix en créant, début 2018, une association affichant l'ambition d'une supposée complémentarité de leurs offres. Mais, chacun souhaitant à tout prix conserver sa plateforme, ce consensus de façade dissimule assez mal une désolante logique de concurrence territoriale.

Héritage d'une époque durant laquelle chaque élu local revendiquait un aéroport pour son territoire, la France compte 170 plates-formes commerciales, soit un aéroport pour 358 000 habitants. Un chiffre trois fois plus élevé qu'au Royaume-Uni, six fois plus qu'en Italie et douze fois plus qu'en Allemagne ! Ajoutons que sur les 460 aéroports régionaux que compte l'Union Européenne, un tiers serait situé en France ! (Source : Union des Aéroports français).

Bénéficiant d'une exonération des taxes sur le carburant, le secteur aérien est déjà ultra-subventionné (plus de 3 milliards d'euros de manque à gagner pour l'État en 2017 / Projet de loi finances 2017, annexe évaluation des voies et des moyens). Malgré cela, nombre des plateformes françaises affichent des déficits qui doivent être compensés par les collectivités publiques. S'y ajoutent les investissements réalisés pour l'entretien et le développement des infrastructures.

Localement, une illustration concrète de ce gaspillage nous est donnée par Joël Bruneau qui a récemment confirmé un investissement de 11 millions d'euros pour allonger la piste de l'aéroport de Caen-Carpiquet.

Outre que l'avion est de loin le mode de transport le plus polluant (selon le Réseau Action Climat, un avion émet 14 à 40 fois plus de CO2 que le train par km parcouru et par personne transportée), son développement débridé s'opère au sacrifice d'investissements qui pourraient être bien plus utilement employés à répondre aux besoins exprimés par nos concitoyens en matière de transport du quotidien face à la flambée du coût des carburants.

Et il est navrant de constater que Joël Bruneau aura parallèlement décidé d'abandonner la nouvelle ligne de tramway qui devait desservir l'ouest de Caen, de réduire l'offre de bus (moins 159 000 km depuis la rentrée 2016, temps d'attente augmentés de 8 à 25 minutes sur certaines lignes) ou encore de diviser par deux les investissements consacrés aux aménagements cyclables.

 

Les élus du groupe "Caen écologiste et citoyenne"
Samia Chehab, Rudy L'Orphelin, Julie Rousinaud.