Contenu non disponible, Merci de retourner votre smartphone
logo CAEN.fr

Formulaire de recherche

Accueil Publications Le bois de senteur

Publication

Environnement et Cadre de Vie

Plante du mois

Le bois de senteur

Publié le 31/12/2018

Une plante de l'île de la Réunion qui a failli disparaître.

Nom scientifique : Ruizia cordata

Famille : Malvacées

Les îles tropicales recèlent une végétation exubérante et très diversifiée.

Parmi ces plantes, il en existe qui seront classées comme endémique, c’est-à-dire qu'elles ne poussent spontanément que dans un lieu bien déterminé.

A titre d'exemple, le bois de senteur ne se développe qu'à la Réunion.

Cette insularité peut-être un danger car si la plante disparaît c'est une perte irrémédiable pour la biodiversité. D’ailleurs, il s'en est fallu de peu que ce végétal soit rayé des inventaires.

Ce petit arbre dioïque (pied mâle et femelle séparé) d'une dizaine de mètre aime se développer dans les forêts demi-sèches.

Le tronc et les feuilles ...

Le tronc peut atteindre une quarantaine de cm de diamètre et est protégé par une écorce gris noir et crevassée. Les jeunes rameaux sont couverts d'une pubescence blanchâtre. Le feuillage est très particulier car il produit une hétérophyllie remarquable : il s'agit d'une différence morphologique entre des feuilles de jeunes branches et celles plus anciennes. Le feuillage juvénile est profondément découpé et de couleur vert sombre. Les feuilles adultes prennent alors une forme plus ou moins triangulaire de couleur vert blanchâtre sur la face supérieure, le verso étant nettement blanc.

Les fleurs ...

Les fleurs sont groupées par 7 ou 15 et habillées de pétales rose saumon. Les fleurs mâles font environ 12 mm de diamètre et portent une trentaine d'étamines fertiles. Les femelles sont un plus petites (9 mm) et supportent également 30 étamines mais cette fois ces dernières sont stériles. Au centre de cette fleur trône un pistil menant droit aux ovules fertiles. Après fécondation, les fruits sont des capsules indéhiscentes de 7 mm de diamètre et habillées du reliquat de la corolle.

Une plante qui a failli disparaître

Au-delà de ces caractéristiques morphologiques, cette plante a donc bien failli disparaître : en 1970, seuls 3 pieds étaient connus sur l'île ! Un cortège de structures se sont alors entendues pour sauver cet arbre et des boutures ont été prélevées sur des pieds mâles et femelles. C'est le Conservatoire Botanique National de Brest qui reçu la lourde charge de les mettre en culture pour ensuite les réintroduire en milieu naturel.

Bien souvent la cause avancée est une urbanisation croissante qui empiète sur le biotope.

Dans le cas présent, il faut se pencher sur la culture réunionnaise. En effet, les habitants lui prêtent bon nombre de croyances :

  • il fut longtemps considéré comme un porte bonheur. Pour ce faire on laissait de l'argent lorsque l'on prélevait quelques feuilles;
  • les qualités magiques étaient utiles pour créer des talismans ou jeter des sorts. L'utilisation qui a bien failli lui coûter son existence a été le prélèvement de son écorce. On tirait une tisane de celle-ci et, avec quelques mots magiques adéquats, les tisaneurs pouvait impacter la vie de certaines personnes. En conséquence, le Ruizia était souvent abattu par certains groupes de population pour empêcher les tisaneurs de lancer des sorts néfastes.

- il est également dit que ce végétal a la capacité de chanter à midi et à minuit

 

 

 

 

Retour aux publications