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Développement durable

Carnet du naturaliste

Drôle de vie d’insectes

Publié le 28/02/2017

Les changements de température ne sont pas sans conséquence sur les invertébrés. C’est pour cette raison que certains ont su s’adapter aux périodes de l’année pendant lesquelles les conditions de vie sont les moins favorables. En voici quelques illustrations...

Record de durée de sommeil

La diapause constitue l’une de ces adaptations. Elle désigne une forme de vie ralentie qui peut intervenir à n’importe quel stade de l’évolution de l’insecte. L’œuf, la larve, la nymphe ou encore l’adulte peuvent être concernés. Sous nos latitudes, ce phénomène se produit principalement en hiver.

Une vie au ralenti, quel record ?

Pour certaines espèces, les périodes peuvent dépasser une simple saison hivernale.

Ainsi, le grand paon de nuit (Saturnia pyri) se nourrit de divers feuillus caducs (saule, frêne, peuplier…) au stade de chenille. Ces dernières se nymphosent durant l’été et vont éclore en avril-mai de l’année suivante. Il arrive également que certaines d’entre elles se plaisent tellement dans leur cocon… qu’elles y restent près de 3 ans !

Hors de nos latitudes, la plus longue période de diapause a été observée chez la fausse teigne du yucca (Prodoxus y-inversus). Elle s’est adaptée au climat excessivement aride de certaines régions du sud-ouest de l’Amérique du Nord, où chaque année, elle n’est pas certaine de bénéficier des températures et de l’humidité nécessaires à son développement. Cette diapause "très" prolongée est ainsi une adaptation à des ressources seulement disponibles à une saison précise, cette dernière pouvant fluctuer d’une année à l’autre. Des individus émergés 30 ans après la fin du développement des chenilles ont même été observés en laboratoire !

Résistance au froid

En dessous de 12°C, les conditions deviennent généralement difficiles pour de nombreux insectes. La diapause leur permet de "passer ce mauvais moment". Il existe toutefois des exceptions.

Résistant au froid et actif

Certains invertébrés sont capables de résister au froid au point d’être actifs même en cas de très basses températures. L’ordre des notoptères (proche des orthoptères) est un groupe représentatif de cette adaptation.

Ils vivent en région arctique et en hautes montagnes où règne un froid vif une grande partie de l’année. Ils ne supportent pas les températures supérieures à 16°C et sont donc toujours actifs lorsque le thermomètre avoisine 0°C.

Résistant au froid et inactif

Quant à la grande famille des coléoptères, elle abrite un carabique inactif en cas de froid mais toutefois capable de résister à des températures négatives. Pour ce faire, il "remplace" l’eau qui se trouve entre ses cellules par des substances alcooliques (sorbitol et glycérol) et par un sucre (tréhalose).

L’action "antigel" de ces éléments évite la formation de cristaux de glace qui déchirent les membranes cellulaires et détruisent les tissus. Des expériences ont démontré que des individus soumis à des températures avoisinant les – 85°C reprenaient une activité normale après avoir été… réchauffés !

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