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En juillet, la fraise

Publié le 05/07/2018

Rouge et gourmande, elle nous régale pendant l'été...

Nom scientifique : Fragaria sp.

Famille : rosaceae

De tous les « petits fruits rouges », il est sans doute le plus connu et apprécié. Les variétés sont nombreuses, certaines même produites dans la région. Et pourtant le mystère reste entier ! Quelle est son origine ? Ce que nous consommons, rouge, parfumé et savoureux est-il réellement un fruit ? Et puis une question essentielle : comment s’en régaler ? Bien des questions subsistent autour de cette plante plus mystérieuse qu'il n'y paraît.

Les fraises que nous consommons actuellement sont issues d’hybridation et de ce fait possèdent plusieurs origines géographiques. Certaines, rapportées par Amédé Frézier (1682 – 1773) en 1714, proviennent du Chili et plus précisément de l'île de Chiloé. Ainsi, cet ingénieur de marine rapporta 5 pieds de Fragaria chiloensis,  plantés à Brest et qui produisés des fruits blancs. Ils seront plus tard hybridés avec des pieds de Fragaria virginiana, en provenance de l'état de Virginie, et introduits par le navigateur malouin Jacques Cartier. Le succès est fulgurant. Une autre source de fraises existe et celle-ci est « géographiquement » plus proche de nous. En effet, nos sous-bois regorgent de petites fraises à la saveur exquise et au nom simple de "fraise des bois". Elles se récoltent partout en France exceptée dans les régions méditerranéenne. Enfin, une 4ème espèce existe, Fragaria moschata, le fraisier musqué, dont l’utilisation reste toutefois limitée.

Le fraisier est une plante herbacée vivace dont la tige souterraine donne naissance à une rosette de feuilles trifoliées. La floraison, visible d'avril à juillet, s'exprime sous la forme de fleurs blanches à 5 pétales. Après la floraison, un bourgeon se forme,  s'allongeant sur le sol pour former une nouvelle rosette de feuilles qui s'enracine alors pour fleurir l'année suivante. Et qu’en est-il de ce fruit dont nous nous régalons ? D'un point de vue strictement botanique, cette masse rouge est en fait un faux-fruit. Seuls les points bruns (akènes) fixés sur ce réceptacle charnu et rouge sont considérés comme des fruits.

Les manières de déguster les fraises ne manquent pas ! Crues ou cuites, les possibilités sont nombreuses et variées. Seul bémol pour la fraise des bois, récoltée en nature. Il faut garder en tête qu'un renard a pu laisser ses déjections ou son urine à proximité immédiate. En ce cas il faut cuire la récolte pour éliminer tout risque de transmission de parasite.

Le fraisier est une plante médicinale aux propriétés bien connues. Ainsi, un botaniste italien du nom de Matthiole (1501-1577) indique déjà que feuilles et racines sont intéressantes pour traiter les ulcères, les plaies, la dysenterie ou les hémorragies utérines. Des données actuelles proposent d’utiliser cette plante en gargarisme contre l'angine ou en lotion contre les engelures. Une cure de fruits est également préconisée pour faire baisser la tension des « hypertendus », ou pour soigner des maux tels que rhumatismes, lithiases ou affections de la vésicule biliaire.

En outre les akènes peuvent être utilisés pour produire une huile semblable à l'huile de lin. Un succédané de tabac peut également être réalisé en associant des feuilles de fraisier à celles du tilleul. Empilez-les à part égale dans un verre avec un peu de miel et laissez le tout fermenter. Laissez-les ensuite sécher avant de les rouler très serrées puis de les couper finement. Vous pouvez maintenir le niveau d'humidité en plaçant une carotte dans la boite de conservation du « tabac ». 

Le saviez-vous ? En Norvège, les femmes enceintes portaient quelques feuilles sur elles pour protéger leur enfant. En Pologne, la légende voulait que le fraisier des bois pousse sur les pas des guerriers valeureux ou des saintes femmes !

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