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Carnet du naturaliste

Une ribambelle de coccinelles

Publié le 06/04/2018

A points et en couleur, les coccinelles s'invitent au jardin...

Une ribambelle de coccinelles

Dans une rose à Bagatelle

Naquit un jour la coccinelle.

Dans une rose de Provins

Elle compta jusqu’à cent-vingt.

Dans une rose à Mogador

Elle a vécu en thermidor.

Dans une rose à Jéricho                                                    

Elle évita le sirocco.

Dans une rose en Picardie

Elle a trouvé son paradis :

Coccinelle à sept points,

Bête à bon Dieu, bête à bon point.                 

                      "Robert Desnos"

 

Depuis des temps immémoriaux, la coccinelle bénéficie d'un capital sympathie peu remis en cause. Elle est certainement le seul insecte qui ne suscite ni répulsion ni peur. Dans le langage populaire, elle est couramment appelée "bête à bon dieu". L'explication à ce surnom remonte au Xème siècle et fait suite à l'histoire d'un homme, accusé d'un crime qu'il n'avait pas commis. Ainsi, lors de l'exécution publique, alors que le condamné devait avoir la tête tranchée, une coccinelle se posa sur son cou. Le bourreau enleva la coccinelle et releva sa hache afin de trancher le cou de l'homme. Mais la coccinelle revint au même endroit ! Le bourreau eut beau insister, il ne put rien contre cette coccinelle obstinée. Robert le Pieux, roi de l'époque, intervint et, considérant que la coccinelle accomplissait là une mission divine, décida de gracier l’homme. Quelques jours plus tard, le véritable meurtrier fut retrouvé. Les habitants, persuadés que dieu avait envoyé la coccinelle pour sauver cet innocent, lui donnèrent le nom de « Bête à Bon dieu». Ainsi au Moyen-Age, un homme condamné à mort ne dû son salut qu'à la présence d'un mystérieux petit insecte.

Mais que savons-nous de cet insecte ?

De l’ordre des Coléoptères, il est pourvu d'ailes sclérifiées, appelées élytres, qui lui donnent l'impression d'une carapace. Il est holométabole, ce qui signifie que son développement passe par 4 cycles : l'œuf, la larve, la nymphe (chrysalide ou cocon) et l'adulte (imago). La femelle pond toujours ses d'œufs à proximité d'une source de nourriture. Puis après 5 à 7 jours d'incubation, la jeune larve s'extirpe de l'œuf. Aptère (sans ailes) et asexuée, elle possède une apparence  complétement différente de celle de l'adulte. Les 4 stades larvaires s'étalent sur 1 mois et à chaque stade la larve mue pour grandir. La métamorphose s'effectue au stade nymphal. L'imago a besoin de 8 jours pour émerger de son cocon.

Les coccinelles sont majoritairement carnassières. Seules deux familles se distinguent par leur régime végétarien :

Les Epilachninées qui se nourrissent de plantes diverses,  

Les Psylloborinées qui sont mycétophages (microchampignons, moisissures, rouilles...)

Ces prédatrices, grandes consommatrices de pucerons ou de cochenilles selon l'espèce, sont considérées comme de précieux auxiliaires des jardiniers et des agriculteurs.

Environ 3000 espèces sont recensées à travers le monde, une centaine en France et près d'une cinquantaine en Normandie.

La coccinelle évoque pour nous un insecte de belle taille, hémisphérique, rouge brillant et maculé d'un nombre variable de points.  

Et pourtant, toutes ne correspondent pas à cette image. En effet, certaines sont minuscules ou présentent une silhouette allongée. D'autres sont noires (les Scymninées, l'Exocomus ou la Chilocorus), jaunes (coccinelle à damier), roses (coccinelle des friches) ou sans tache.  

D'ailleurs le nombre de points (ou de tâches), est une caractéristique importante qui permet de différencier les espèces entre elles. N'en déplaise à cette vieille croyance sur l'âge de la coccinelle ! Il est ainsi possible de distinguer la coccinelle à 7 points (Coccinella septempunctata), à 2 points (Adalia bipunctata), à 14 points (Calvia quatuordecimguttata), celle à 18 points (Myrrha octodecimguttata) ou bien encore à 24 points (Subcoccinella vigintiquatuorpunctata)…

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