Contenu non disponible, Merci de retourner votre smartphone
logo CAEN.fr

Formulaire de recherche

Accueil Publications Strip-tease automnal

Publication

Carnet du naturaliste

Strip-tease automnal

Publié le 01/10/2018

Les feuilles changent de couleur puis tombent, caprice de la nature ou nécessité ?


Il pleut
Des feuilles jaunes
Il pleut
Des feuilles rouges.
L’été va s’endormir
Et l’hiver
Va venir
Sur la pointe
De ses souliers
Gelés.
Anne-Marie CHAPOUTON

L'automne, forêts, bois, parcs et jardins se parent de couleurs chatoyantes, point final flamboyant de l'été qui précède à l'inévitable chute des feuilles. La plupart des arbres se dénudent, singulier paradoxe, pour passer l'hiver.
Mais que sait-on de ce phénomène immuable, qui n'est pas un caprice mais bel et bien une nécessité ?
Pour rappel, un arbre à feuilles caduques se dépouille entièrement chaque automne et renouvelle entièrement son feuillage. Les feuilles persistantes, recouvertes d'une fine couche de cire isolante et donc moins sensibles au froid, ne tombent pas. Enfin, un feuillage marcescent désigne des feuilles caduques qui restent en place une partie de l'hiver, après avoir changé de couleur (Charme,  Hêtre et certains Chênes…).

Pourquoi les arbres se débarrassent-ils de leurs frondaisons ?
La chute des feuilles est vitale pour les arbres. Ainsi, pour mieux affronter les frimas, ceux-ci se mettent au ralenti en sacrifiant ce qui ‘brûle’ leur précieuse énergie. Bien isolés du froid, tronc, branches et racines sont épargnés.
Les feuilles, qui ne résisteront pas au froid, sont quant à elles très gourmandes. L'arbre par souci d'économie coupe donc les vivres à ces feuilles dépensières. Sans feuille, il ralentit fortement sa croissance et vit sur les réserves d’amidon stockés dans le tronc et l’écorce. L’amidon, transformé en sucres solubles, a également une fonction « d’antigel ».

Les mécanismes de la chute des feuilles
Des capteurs spécifiques situés dans la feuille perçoivent les conditions climatiques de l’automne. Ainsi, la baisse des températures et surtout le raccourcissement des périodes diurnes (photopériodisme) entrainent une forte augmentation des concentrations en éthylène. Le rôle d'hormone végétale de l'éthylène a été mis en évidence par l’observation des arbres, situés à proximité des lampadaires (à bec de gaz), dont les feuilles tombaient prématurément. En effet, fort de cette information, l'arbre secrète une multitude de petits bouchons de liège, qui une fois dans les pédoncules des feuilles, stoppent l’arrivée de la sève. Privées d'eau et de sels minéraux, les feuilles ne peuvent plus produire de chlorophylle (mécanisme de la photosynthèse). La disparition progressive du vert chlorophyllien révèle alors une palette de pigments, présents dans les feuilles, mais jusqu’alors invisibles : carotènes (orange), anthocyanines (pourpre), et xanthophylles (jaune) s’expriment alors et donnent aux feuilles leurs belles couleurs chaudes ! Une zone d’abscission se forme ensuite à la base des feuilles, qui tombent sous l’effet de leur poids et du vent. Les cicatrices qu'elles laissent sur les branches seront alors rapidement colmatées par une fine couche de liège isolante.

 

 

Retour aux publications