Issue d’une famille d’ostréiculteurs, Sophie Perdriel puise dans ses racines maritimes pour développer l’algoculture en Normandie. Un an après le lancement de sa start-up MAGMA, elle espère conquérir un secteur en pleine croissance.
Sophie Perdriel, des algues "made with amour"
« Je ne souhaitais pas travailler dans les produits de la mer, je voulais m’affranchir de ça… Et pourtant ! » Partie loin de sa Normandie natale, Sophie Perdriel revient aux sources en 2022, après une expérience en Angleterre et 5 ans dans un grand cabinet de conseil au Luxembourg.
« La crise de la trentaine est arrivée. On réfléchit à ce qu’on veut faire dans la vie. »
La maternité vient aussi réinterroger son quotidien. « J’ai grandi près de la mer, j’ai aidé mes parents sur l’exploitation. C’est très structurel pour moi et je voulais transmettre cet environnement et ses valeurs à ma fille. »
Le potentiel des algues
Sophie Perdriel profite de son congé maternité – pouvant atteindre un an au Luxembourg – pour mûrir son projet professionnel : « Je me suis beaucoup renseignée. Je voulais créer mon entreprise dans un secteur en lien avec la mer. »
Elle découvre le potentiel des algues, déjà très utilisées pour leurs propriétés fonctionnelles mais beaucoup moins pour leurs qualités nutritionnelles. « On les trouve partout : dans les yaourts, les médicaments, les pansements… même pour réaliser les empreintes dentaires ! »
Sophie décide alors de tester son idée d’algoculture en rejoignant Sterne, une formation de 3 mois proposée par Normandie Incubation et qui s’achève avec la présentation du projet devant un jury. « Je me suis dit : si j’arrive dans les trois premiers, je démissionne ! »
Elle décroche la 2e place et se lance dans l’aventure entrepreneuriale.
Une ressource vertueuse
La start-up MAGMA, pour « Macro algae made with Amour », voit le jour en novembre 2023.
« L’objectif est de cultiver en bassins sur le littoral des macro-algues (algues visibles à l’œil nu) de qualité, en quantité et de façon régulière. Ce sont des espèces endémiques, que l’on trouve très localement. »
La culture en bassins permet de maîtriser tous les paramètres de production et d’obtenir des algues standardisées, sans impact pour la biodiversité et dans le respect de l’écosystème marin.
« C’est une ressource vertueuse et qui a énormément de bienfaits. »
« L'effervescence de Caen m'a surprise »
Après 18 mois au sein de Normandie Incubation, Sophie s’établit désormais entre le Village porté par le Crédit Agricole au MoHo et le pôle recherche et développement du SMEL (Synergie Mer et Littoral) à Blainville-sur-Mer.
« L’effervescence de Caen m’a surprise, c’est un terrain ultra fertile. Les gens sont accessibles à tous les niveaux, ils sont vraiment là pour vous épauler. »
Elle a rejoint plusieurs pôles de compétitivité (Valorial, Cosmetic Valley…) et peut compter sur de nombreux soutiens dont celui des laboratoires Gilbert, mastodonte local des produits pharmaceutiques et cosmétologiques.
« Avec tous ces acteurs, nous avons créé Normandie Filière Algues en mai 2024, pour structurer l’activité et développer une vraie filière régionale. »
Campagne de financements participatifs
La cheffe d’entreprise envisage une commercialisation dès cette année. La création de la ferme de production est, quant à elle, prévue pour 2027.
Une campagne de financements participatifs a été lancée début février.
« J’espère récolter 30 000 €, souligne Sophie. Il y a des hauts et des bas, je sais que ce sera long mais je suis fière de mon parcours et de ne pas avoir baissé les bras. Il faut être la première personne à croire en son projet… et rester optimiste ! »
Date de publication: 07/02/2025






