Pionnière de la recherche pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer, Florence Joly travaille actuellement sur le développement d’une application pour aider les personnes souffrant de troubles cognitifs après un traitement contre le cancer du sein.
Florence Joly, aux avant-postes contre le cancer
« Quand je suis arrivée à Caen pour mon internat, dans les années 1990, la météo a failli me faire fuir ! » sourit Florence Joly, professeure en oncologie médicale.
Rattachée au centre François-Baclesse en qualité de médecin et cheffe du service de Recherche clinique, elle est également membre de l’unité Anticipe U1086 pour l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
« Nous travaillons sur la thématique "Vivre avec le cancer". L’objectif est d’améliorer la qualité de vie des patients, en nous intéressant notamment aux effets secondaires des traitements. »
Pionnière, Florence Joly est en effet l’une des premières à se spécialiser dans la recherche liée aux soins de support.
« Je me disais qu’on ne pouvait pas avancer si l’on n’envisageait pas les choses dans leur ensemble : il fallait qu’à chaque nouvelle innovation, on intègre aussi la prise en charge globale des patients. »
"On ne peut rien faire seul."
Au début des années 2000, elle effectue un stage d’un an et demi au Canada, plus en avance sur le sujet.
« Je suis partie avec toute ma famille, c’était une belle expérience professionnelle et personnelle. »
À son retour, elle fonde le service de recherche clinique et en prend la direction, jusqu’à obtenir le très convoité label CLIP (Centre Labellisé Phase Précoce) par l’Institut National du Cancer.
« Le centre François-Baclesse m’a portée. Que ce soit les infrastructures, mes collègues de travail, le soutien de la direction… L’environnement professionnel m’a beaucoup aidée. »
La professeure en oncologie médicale multiplie les projets, tout en insistant :
« Il y a deux notions clés en recherche : le travail d’équipe et la pluridisciplinarité, pour pouvoir bénéficier des expertises de chacun. On ne peut rien faire seul. »
L'application Cogboost
Lauréate du grand prix Ruban rose - une subvention, de 300 000 € en 2023, versée à des médecins ou chercheurs experts, dont les travaux sur le cancer du sein sont reconnus par la communauté scientifique, Florence Joly vient également de recevoir un financement du groupe pharmaceutique AstraZeneca.
« Cela va permettre de poursuivre le développement d’une application, CogBoost, sur laquelle nous travaillons actuellement en équipe pluridisciplinaire. Elle s’adressera aux femmes atteintes d’un cancer du sein et souffrant de troubles cognitifs liés à leurs traitements. »
Soutenu par la Région Normandie et Normandie Incubation, le projet prévoit un accompagnement à travers des ressources en ligne, des ateliers animés par un professionnel de santé, des modules d’activités physiques en autonomie ou en groupe, des exercices cognitifs…
« C’est un programme d’une durée de trois mois, qui s’achèvera sur une évaluation. Nous espérons ainsi démontrer que la plateforme permet de réduire les troubles cognitifs, améliore la qualité de vie et accélère la reprise professionnelle des patientes après les traitements. »
Ouvrir la voie
Si les initiatives ne manquent pas, « l’idée maintenant est de progressivement transmettre le flambeau. Ça fait partie de notre ADN en tant que médecin et universitaire. »
À 59 ans, Florence Joly n’a pourtant pas fini d’ouvrir la voie aux plus jeunes : elle vient de prendre la présidence de la sou-section de cancérologie du Conseil national des universités (CNU) pour une durée de 6 ans.
« C’est la première fois qu’une femme est nommée à ce poste. »
Date de publication: 05/01/2026






