Dans un contexte parfois morose, les humoristes ont le vent en poupe dans les salles et sur les réseaux sociaux !
Parmi eux, plusieurs Caennais tirent leur épingle du jeu.
Dans un contexte parfois morose, les humoristes ont le vent en poupe dans les salles et sur les réseaux sociaux !
Parmi eux, plusieurs Caennais tirent leur épingle du jeu.
À 34 ans, l’humoriste caennais Léopold Lemarchand construit sa carrière depuis plus de 10 ans. Dès 2015, il est l’un des premiers à se lancer sur la plateforme Vine, spécialiste des formats de « moins de 6 secondes ». À la fermeture du site, il se réoriente vers Youtube et se fait remarquer avec des vidéos où se mêlent vie quotidienne, situations décalées et humour absurde.
Repéré par le duo McFly et Carlito, l’artiste y voit une opportunité, celle de réaliser « un rêve de gosse » en montant sur scène. Il se confronte au public dans des comedy clubs parisiens. « C'était dur mais hyper formateur. Comme pour tout, on s'améliore à force de pratique. » Fruit de son travail, il signe un premier one-man show où se mêlent jeux de lumières, musiques, sketchs et blagues. « J’ai fait le spectacle que je voulais voir. »
S’il a quitté sa ville natale après le baccalauréat, l’humoriste confirme que « jouer à Caen, c'est particulier. J'ai vécu rue Basse avec ma mère, j'allais skater le long du port… J'ai beaucoup de souvenirs ici, un peu comme une madeleine de Proust. »
Tristan Lucas est un véritable ambassadeur de sa ville. « Je reviens très régulièrement, c’est là que vit ma mère. J’ai aussi mon frère qui a ouvert le Théâtre à l’Ouest. » Ancien joueur pour Malherbe de ses 5 à ses 16 ans, l’humoriste continue de soutenir son club dans ses sketchs. « On est nuls, mais on est marrants. Quand je vois qu’il y a encore 17 000 personnes qui viennent en National, je suis fier de mon club. »
Diplômé d’une école de commerce, il va d’abord chercher « un boulot qui correspondait à mes études mais ça ne m’intéressait pas. Je ne comprenais rien aux intitulés des postes ! » Il fait du montage, puis devient rédacteur en chef de l’émission « G ciné » de Gulli. En parallèle, il crée le Mokiri, plateau d’humour lancé il y a 12 ans à une époque où les comedy clubs étaient rares, et dont le concept a essaimé dans toute la France.
Tristan Lucas découvre aussi le théâtre d’improvisation et se lance dans une formation de stand-up, avant de se professionnaliser en 2021. Depuis, celui qui se décrit comme un « blaguiste pas connu… et ça me convient ! » enchaîne les projets. Après Français content, l’humoriste est actuellement en rodage de son nouveau spectacle, Décennies. Le concept ? Dix minutes de blagues par décennie de vie… dont une partie à Caen !
Les premières scènes de stand-up à Caen, c’est lui ! En 2011, Harold Barbé monte Sons of comedy, un programme d’humour au El Camino. « À l’époque, on a fait venir des artistes de Paris. J’ai développé mon carnet d’adresses et appris mon métier. » Il multiplie les boulots d’appoint jusqu’à ce que l’humoriste Blanche Gardin lui propose en 2018 de faire ses premières parties.
Inspiré par la scène anglo-saxonne, le Caennais se spécialise dans un humour d’observation « parfois un peu trash », mais réfute l’étiquette d’humour noir qui lui est parfois associée. « J’aime les punchlines directes, quand on rigole très vite. » Sa fierté ? Être actuellement le seul humoriste à avoir été programmé lors du Hellfest, le plus grand festival de métal en France. « J’ai participé en 2024, c’était un moment incroyable ! »
En plus du stand-up, Harold Barbé est aussi acteur (notamment dans la série Anachroniks), scénariste, chroniqueur sur France Inter… « J’adore diversifier ce que je fais, ça évite la lassitude. » S’il vit la moitié du temps à Paris, le Caennais revient toujours aux sources. « J’ai un lien très fort à ma ville. J’aurais du mal à ne pas habiter en Normandie ! »
Malgré sa passion pour les mots, Marc Tourneboeuf suit d’abord des études scientifiques dans les pas de ses sœurs. Après le bac, il intègre le Cours Florent à Paris et s’investit dans l’écriture de plusieurs spectacles, dont « deux pièces en alexandrins et deux one-man shows. »
« J’adore le travail de la langue : je cherche le bon jeu de mot, la bonne allitération. » Marqué par le célèbre sketch "À Caen les vacances" de Raymond Devos, auquel il est parfois comparé, l’humoriste, également auteur et comédien, revient souvent dans sa ville natale. « Je passe le mois d’août chez ma mère. J’amène souvent des amis, je leur fais découvrir la Normandie. Caen est une ville qui a une histoire très riche. »
Il sera également de retour le 1er décembre 2026 au Théâtre à l’Ouest, avec son spectacle L’Impatient. Il y évoque les promesses, les espoirs et les déceptions que peut rencontrer un artiste. « Mon grand-père me disait "Il faut 10 ans pour être connu du jour au lendemain". Dans ce milieu, on a envie d’avancer rapidement, mais il faut parfois faire montre de patience. »
Date de publication: 07/05/2026